Giannis Antetokounmpo aka le Shaq moderne : le digne héritier du trône entre impact et domination
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Analyses

Giannis Antetokounmpo aka le Shaq moderne : le digne héritier du trône entre impact et domination

NBA.com

Après avoir analyser la saison statistique ahurissante de James Harden, on s’est dit qu’il serait négligeable de ne pas parler de Giannis Antetokounmpo. The Greak Freak est tout simplement injouable cette saison, in-joua-ble. Le trophée de MVP lui tend les bras, lui qui a fait des Bucks LA franchise de cette saison 2018/2019. Régalez-vous, ce n’est que du bonheur.

Récemment, le Bleacher Report, un média américain incontournable, a posté une photo pour le moins déconcertante sur twitter. En description, une simple question. Simple mais lourde de sens, qui atteste de la domination physique et statistique du Greak Freak. Giannis est-il le Shaq moderne ?

2m11, 110 kg et 2m21 d’envergure. 27,4 points, 12,5 rebonds, 5,9 assits, 1,3 interceptions et 1,5 contres de moyennes en 2018/2019. Giannis Antetokounmpo est leader de son équipe au points, aux rebonds, aux passes et au pourcentage aux tirs. Tout comme le Shaq, Giannis est un monstre physique et statistique. Au même âge (24 ans p*****!) le Shaq posait tout en douceur un moyenne de 26,2 points, 12,5 rebonds et 3,1 assist. Certes, les atouts physiques ne sont absolument pas les mêmes (2m16, 150 kilos pour le gros Shaq). Pas le même poste non plus, pas la même époque mais la dimension physique dans le jeu, elle, est la même. Personne n’a eu un tel impact physique sur le terrain depuis Lebron James. Le grec est le digne héritier du trône qu’on le veuille ou non.

I – It’s hard in the paint

Cette domination sans égal cette saison se ressent dans une zone particulière du terrain : la peinture. Lieu de prédilection des joutes physiques et autres coups de coudes et coups de pieds en s’cred, la raquette est désormais le royaume de Giannis Antetokounmpo. C’est son ter-ter et quand il approche, mieux vaut courber l’échine devant le roi avant d’être découpé en deux ou de sentir les testicules du monsieur vous gratter le sommet du crâne. Si, si demandez à Tim Hardaway Jr.

Et le pire dans tout ça vient de la déclaration du grec : « Je n’ai même pas vu Tim Hardaway Jr ». D’accord. Le fiston de l’ancienne légende des Warriors et du Heat mesure quand même 1,98m. Giannis ne recule devant rien ni personne. Et si, par malheur, vous vous trouvez au mauvais endroit au mauvais moment, et bien, « bon chance ».

Les statistiques du Greak Freak dans ce domaine particulier en sont la preuve. Une donnée permet de comptabiliser tous les ballons touchés par un joueur dans la raquette, ce qu’on appelle les « Paint Touch ». Uniquement les ballons reçu directement dans la peinture. Giannis en touche 6,3 par match. Dans ce contexte, il marque 6,4 points, 2,4/3,8 soit une réussite estimée à 71,4%.

Pour approfondir et marquer concrètement la domination du Greak Freak dans la raquette, les analystes prennent en compte les points marqués dans la zone dîtes « less than 10 feet ». Dix pieds correspond à environ 3 mètres. Giannis est l’un des plus actifs de la ligue puisque qu’il tente 71,3% de ses shoot dans cette situation : 8,6/12,4 soit 69,3% d’adresse.

Phénomène physique hors du commun, Giannis Antetokounmpo est capable de remonter le terrain en seulement quelques enjambées. Et dans des phases de jeu sur demi-terrain, lorsqu’il a l’idée de prendre de vitesse son vis à vis, en un ou deux dribbles, le grec se retrouve dans sa zone de confort pour scorer à sa guise. En effet, la fréquence des drives tenté par notre cobaye du jour est évalué à 12,5% pour 63% de réussite. Ces actions débouchent parfois par un passage sur la ligne des lancés, histoire de conforter son ascendant physique. 9,3 lancers-francs tentés par match, 6,8 réussites, 72,9%. Il en a pour l’instant inscrit 476 (3ème) sur ses 653 tentés (2ème).

Giannis est donc une machine physique redoutable dans la peinture. 63,9% de ses points sont acquis dans la raquette, qu’on appelle grossièrement le %PITP (Point in the paint). Les adversaires le savent et se font dans leurs frocs en voyant la bête arriver. Du coup, par élan de solidarité, l’ensemble de l’équipe adversaire se ruent sur le grec. C’est notamment le cas des Celtics qui ne sont pourtant pas les pires défenseurs. Sport Science a la gentillesse de vous expliquer tout ça en vidéo.

Comme vous pouvez le constater, la plupart des adversaires sont focalisés sur le Greak Freak. Grossière erreur quand on sait que Budenholzer incite ses joueurs à shooter à 3 points (2ème équipe qui tente le plus de shoot à 3pts et qui en réussi le plus), que Brook Lopez est devenu une sérieuse option dans ce domaine, que Khris Middleton est l’un des plus adroits de la ligue et que les Bucks ont recruté Nikola Mirotic avant la tread deadline.

Giannis est donc indéfendable dans cette partie du parquet. Quand ça se complique, le grec profite de sa vision de jeu, tout aussi formidable, pour lâcher la gonfle au moment opportun et faire partager les copains. Aussi physique soit-il, la vraie particularité du Greak Freak, c’est qu’il sait tout faire.

II- « My name is Giannis, I’m all-around player »

Avec 27,5 points par match (1919 au total, 7ème de la ligue) Giannis est le 5ème meilleur scoreur de la ligue. Avec 12,5 rebonds il est le 6ème meilleur rebondeur. Avec 6 passes par match, il est le 19ème meilleur passeur de la ligue. Avec ses 1,5 contres par match, il est le 13ème meilleur bloqueur de la ligue. Et ses 57,7% au tirs le place à la 11ème place des joueurs les plus adroits de NBA.

A l’instar de son rival pour le trophée de MVP, l’USG% de Giannis Antetokounmpo est conséquent : 31% ce qui le place parmi les plus gros porteurs de balle de la ligue. Le longiligne ailier… ailier fort ? Pivot ? Meneur ? Euh… impose son rythme effréné à ses équipiers et ça fonctionne du feu de dieu. Le Budenholzer effect. Ou le Bulldozer effect, à vous de voir. Néanmoins Giannis est partout et ça se ressent sur l’ensemble de ses stats et celles de son équipe.

Offensivement, bien qu’il soit un piètre shooteur (on y reviendra, obligé), il fait tout et efficacement (59,6% en termes d’efficiency field goal pourcentage), regardez plutôt ses tendances au shoot :

  • Alley oop  : 29/35 = 82,9%

  • Bank Shot : 6/18 = 33,3%

  • Dunk : 273/300 = 91%

  • Finger Roll : 78/83 = 94%

  • Fadeaway : 15/38 = 39,5%

  • Hook shot : 26/55 = 47,3%

  • Lay up : 280/462 = 60,6%

Au delà de ses aptitudes naturels dans la finition, le grec dirige le jeu de son équipe en qualité d’excellent playmaker. Il délivre donc 6 caviars par match et crée par la même occasion 15,7 points. Il pourrait même viser le triple-double de moyenne via les « potential assists » qui s’élèvent à 11,4. Son pourcentage de passe figure d’ailleurs dans le top 20 de la ligue (30,4%). Greak Freak rime avec Magic en voici la preuve :

211 centimètres de hauteur et 221 d’envergure en plus d’avoir presque les plus grandes mains de NBA derrière Boban Marjanovic ! Les paluches du monsieur mesurent pas moins de 22 centimètres et une envergure de 30 ! Elle sont plus large de 20% que celle de Rudy Gobert (2m16) et 12,6% plus longues que celle de Greg Monroe qui mesure la même taille que le grec. Ahurissant.

Ces qualités physiques couplées à une détente folle et à un sens du timing parfait permettent à Giannis de récupérer 12,5 rebonds ! 12,5 ! Cela représente 37,5% des rebonds des Milwaukee Bucks. Ses 876 rebonds de la saison le place parmi le top 10 en NBA qui ne compte que des pivots. Et grâce à son envergure et sa masse musculaire, il capte 31,5% de rebonds contestés qui représente une moyenne de 3,9 sur ses 12,5. Et parmi ce total 2,2 proviennent de la peinture adverses. Oui, Giannis en impose des deux côtés du terrain.

III – Defense is better than offense

Les analyses précédentes de James Harden et Damian Lillard pointaient du doigt leur pauvre esprit défensif qui représente leur principale lacune. Pour Giannis Antetokounmpo c’est une énième qualité de son jeu. Il est tout simplement l’un des meilleurs défenseurs de la ligue et clairement dans la course pour remporter le trophée de Defensive Player of the year. Attendez, mais du coup, s’il est MVP… Oui, oui effectivement il deviendrait le cinquième joueur de l’histoire à réaliser cette prouesse avec MJ, David Robinson, Kevin Garnett et Olajuwon. Avoir ces quatre noms autour de vous signifie que vous avez quand même réaliser une prouesse sportivement remarquable.

Désolé LeBron, t’es un bon défenseur aussi… Enfin pas depuis Miami, même si cet énorme défaillance est davantage collective… Bref avant de nous attirer les foudres des fans des pourpres et or revenons en à Giannis. Car la défense du n°34 des Bucks est plus qu’étouffante pour ses adversaires.

Tout d’abord, commençons par vérifier son DEFRTG, une donné qui permet d’évaluer simplement l’impact défensif d’un joueur pour son équipe lorsqu’il est sur le terrain. C’est tout simplement l’estimation de points alloué à l’équipe adverse. Celui d’Antetokounmpo est le moins élevé de la ligue : 99 points concédés quand Rudy Gobert, de son côté, en octroie 100,2.

En moyenne Giannis laisse son vis à vis shooter à 40,6%, soit 4,5 tirs sur 11,2 tentés. Plus précisément, son joueur est limité à 32.8% à 2 poins tandis que derrière l’arc c’est encore plus serré pour son adversaire avec 32.8%.  D’habitude, pour la plupart, un petit grec frites ça passe crème, pour les joueurs NBA ça donne ça :

Dans ce secteur de jeu, Giannis est littéralement un game changer. Et c’est prouvé statistiquement. En effet, il existe une stat bien plus significative pour mesurer l’impact défensif d’un joueur sur les victoires de son équipe. On appelle ça les « Defensive Win Share ». Concrètement, c’est une estimation du nombres de victoires auxquelles le joueur contribue via sa défense. Et, dans cette catégorie, Giannis est le patron. Il rapporte 5,8 victoires grâce à sa défense.

Mais, comme vous le savez tous, que vous soyez un être humain normalement constitué ou un surhomme, on a tous ses petits défauts. Personne n’y échappe pas même Giannis…

IV – Les blancs ne savent pas sauter mais le grec sait pas shooter

Giannis Antetokounmpo inspire peurs et craintes lorsqu’il déboule à toute vitesse dans la raquette mais lorsqu’il s’agit de dégainer à longue ou mi-distance c’est cadeau. La place de stationnement que lui laisse les Nets pour shooter ainsi que la réaction du banc suite à son horrible air ball est représentatif de la réputation du grec dans le domaine.

Étonnamment, la mécanique de son jump shot est loin d’être aussi dégueulasse que celle de Lonzo Ball ou de Michael Kidd-Gilchrist. Mais Giannis éprouve tant de difficultés à trouver la mire. 7,3% de ses points proviennent d’un shoot à 3pts. Il en claque 0,7 sur 2,7 tentatives par match pour un catastrophique 24,3% d’adresse. La comparaison entre sa réussite dans la peinture et celle à 3 points + mid-range est saisissante :

Cependant, Giannis Antetokounmpo s’efforce de les tenter, il prend clairement sa chance. Cette saison, il en a pris 191 c’est 30 fois plus que Ben Simmons. L’australien des Sixers n’a en effet converti aucune de ses 6 tentatives à 3pts. Giannis bosse comme un fou afin de développer son tir et il est bel et bien lancé pour s’approprier un jump shot correct. Et là, Popopopopopopopopopow, les Bucks risquent de régner sur la NBA pour un très, très long moment.

Car sans shoot, Giannis mène déjà son équipe au sommet de la ligue, en saison régulière du moins. Fait paradoxal quand on sait que la ligue est en plein boom du shoot longue distance. Antetokounmpo est redoutable dans tout ce qu’il entreprend et ça se traduit par un PER (Player efficiency rating) de 30,5, la meilleure évaluation du championnat. Et c’est la même chose pour son +/-, qui s’élève à 10,5.

Giannis Antetokounmpo est le nouveau phénomène de NBA, son nouveau visage et son futur. Il progresse saison après saison, et cette année, il est bien placé pour atteindre les finales et rivaliser sérieusement avec les Warriors. Les playoffs seront le vrai test pour la franchise du Wisconsin après son élimination prématuré au premier tour face aux Celtics la saison dernière. Avant ça, il reste quelque matchs au Greak Freak pour mettre fin au débat du Most Valuable Player. Giannis est décisif offensivement et défensivement. Il est le leader incontesté de la meilleure équipe de la ligue et domine les principales catégorie statistique. Quel facteur crucial le différencie alors de son plus proche rival dans cette course effréné ? La défense. Et ça, ça change tout. #FearTheDear

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