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Analyses

Kyrie Irving dans le rôle du grand méchant : la définition contraire du journalisme par ESPN

Durant la nuit, les différents médias US ont résumé plusieurs récits sur la réunion orchestrée par Kyrie Irving. En allant sur les différents sites US, on a l’impression que personne ne parle de la même histoire, notamment du côté d’ESPN avec Adrian Wojnarowski.

Dans un cadre de « News », un journaliste est censé relater les faits. C’est absolument tout le contraire de ce qu’a fait Adrian Wojnarowski et une nouvelle fois, il a montré être un bon insider, mais pas un bon analyste. Il avait déjà fait le coup avec Rudy Gobert, en le mettant en première ligne en ayant déclaré qu’il avait été le premier porteur du virus, or, aucune preuve n’avait été trouvée à ce sujet. Donovan Mitchell ? Un autre joueur ? Personne ne sait qui a vraiment eu le virus en premier. Bien que les NBAers savent comment marche le business des insiders, beaucoup se sont retournés contre le français. Est-ce que Rudy a fait une giga conn*rie ? Bien entendu, de là à attiser la haine ? Bien entendu que non, et il ne méritait pas tant mais il fallait bien trouver un coupable. Il se passe la même chose avec Kyrie Irving, le tweet d’Adrian Wojnarowski était plus qu’évocateur avec un titre peu fameux :

Kyrie Irving le perturbateur.

D’après ses dires, Kyrie Irving a forgé sa réputation en tant que perturbateur et il cite un désaccord avec Lebron James concernant le retour de la NBA. Bien sûr, Woj choisit bien ses mots en accentuant le « dossier » sur Kyrie Irving, ne parlant au final peu que de l’information principale.

Un passage parmi tant d’autres où l’angle du papier ne laisse pas de place au doute : faire de Kyrie Irving le coupable de ce mouvement. ESPN met aussi la pression car il n’est autre qu’un média de disney et aussi le diffuseur officiel, il n’y avait donc aucun doute sur la mission de cet article. Ce papier n’était pas qu’un règlement de compte, Adrian savait très bien ce qu’il faisait. Son rôle est de protéger les intérêts de la NBA, ce qu’il a fait admirablement bien, si ont etait assis sur le siège de son boss. Ce qui est encore plus risible ? L’attitude des journalistes dans leur ensemble. Tous les grands noms d’ESPN ont décidé de « quote » (citer un tweet avec un commentaire) l’article de Woj, ce qui ne se fait jamais avec la mention « Article très bien écrit », encore plus quand il s’agit d’Adrian Wojnarowski. Le doute n’était plus permis mais on en revient au même : juger la superstar NBA, plutôt que ses idées. Les médias contrôlent l’information donc l’opinion publique. Ils ont leur tort mais c’est aussi ce que font les fans NBA. « La terre est plate », « l’homme qui prie des arbres ». Voilà les premières réactions envers Kyrie Irving, alors qu’on parle d’un problème majeur, plutôt que de s’intéresser à son avis sur le debat. Mais qu’il se « rassure », Kevin Durant avait reçu le même traitement quand il a parlé du « Black Lives Matter ».

On a parlé de cette situation dans son ensemble ce matin car Kyrie Irving n’avait pas être le centre du monde de cette soirée folle. Presque une centaine de joueurs étaient présents dans cette réunion, ainsi que d’autres stars. Concernant le meneur de jeu, il a clairement dit ne pas être en faveur et qu’il allait sacrifier tout ce qu’il fallait pour ce combat. Il n’empêche qu’il se rangera au côté des joueurs, en cas de majorité, pour le retour de la NBA. Il veut défendre la petite majorité, notamment les joueurs qui n’osent pas se dresser contre les superstars. Mais aussi se battre contre le racisme. L’affaire George Floyd a réveillé bien des maux dans la communauté noire et il faut profiter de cette surmédiatisation, pour frapper fort, c’est en tout cas ce que pense Kyrie Irving :

 « Je m’oppose au racisme systématique et toute cette me*de. Il y a quelque chose qui sent pas bon… Que nous l’admettions ou pas, en tant que noir, nous sommes une cible dès qu’on se lève le matin. »

Incriminer Kyrie Irving ? C’est largement possible. Par exemple, pourquoi a t-il voté pour la reprise il y a de ça quelques jours ? Et pourquoi a t-il changé d’avis maintenant ? Ce sont des arguments plausibles et il y en a d’autres. En revanche parler de réputation de fouteur de troubles, on est bien loin d’un journalisme d’investigation. Et si Lebron James avait déclaré une telle chose ? Il aurait été le premier à être pris au sérieux. L’affaire sera en tout cas à suivre sur la suite ou non de la saison et cette problématique de story telling pousse une nouvelle fois les lecteurs ou tout simplement les hommes de se poser la question qui fâche : qu’est ce que le journalisme en 2020 ?

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